Les familles homoparentales ont toutes le même souci : assurer une protection maximale à leur enfant. Malheureusement, aux yeux de la loi, ce dernier n'a qu'un seul parent : celui qui l'a reconnu (père ou mère). Un seul parent pour veiller sur lui. Un seul parent dont il reçoit le nom et dont il pourra un jour hériter. Aux yeux de la loi, l'autre parent n'existe pas. Assimilé à un beau parent, il n'a aucun droit sur l'enfant, en particulier en cas de séparation ou de décès. «“Que devient mon enfant si j je meurs? » c'est la question qui tourmente toutes les familles homoparentales (témoigne Caroline Mécary, avocate spécialisée en droit de la famille). Pour y remédier, il n'y a que deux voies possibles. Soit on ouvre le mariage aux couples gays, ce qui permettra à l'autre parent d'obtenir une adoption simple et de partager conjointement l'autorité parentale. Soit on modifie l'adoption simple et on cesse d'obliger le parent juridique à renoncer à son autorité parentale en cas d'adoption par le conjoint», explique la spécialiste. Et la délégation de l'autorité parentale, alors? On s'en souvient, la justice a récemment autorisé une mère à déléguer son autorité parentale à la femme avec laquelle elle vit. «La délégation d'autorité permet au “deuxième parent” de prendre les décisions concernant la résidence des enfants, leur scolarité, etc., (Caroline Mécary.)
Mais elle n'établit pas un lien de filiation. Par ailleurs, en cas de décès du parent juridique, elle peut être remise en cause. Dans ce cas, le juge de tutelle réunit un conseil de famille et désigne un tuteur, qui peut être le parent “délégué”, mais aussi un tiers (grand-parent, oncle).» Pas très rassurant. Si l'on admet que tout enfant a droit à deux parents, fussent-ils de même sexe.